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lundi 15 décembre 2008

La Paz, La Paz!!

La Paz, La Paz,... vous vous souvenez que je n'arrête pas de dire que je n'aime pas les grandes villes. A la fin vous devez vous dire " bin si t'aimes pas les villes t'as qu'a pas y aller!" Halala, malheureux, ce serait trop simplifier les choses. Car effectivement, je n'aime pas trop la foule, la pollution, visiter toujours les mêmes monuments qui finalement se ressemblent tous, le bruit, les taxis qui vous entubent,... mais des fois on trouve une ville qui regroupe tout ça, et qui pourtant va vous coller a la peau. Pour moi, La Paz, capitale de la Bolivie fait partie de ces villes.

La ville s'etend a perte de vue


Tout d'abord la ville elle même est hallucinante. Elle est nichée au coeur de l'ancien cratère d'un volcan sur des pentes vertigineuses. Quand on arrive pour la première fois dans la capitale on traverse pendant des heures un plateau puis on entre dans la cité par El Alto, quartier qui domine tout le reste de la ville avec en toile de fond le Mont Illamani (6042m). La vue est tout simplement etourdissante!

Le quartier des affaires


Petit problème donc a La Paz: pas beaucoup de rues planes. Il faut toujours monter ou descendre des pentes escarpées, a pied avec l'altitude cela devient vite fatiguant. Je mâche souvent mes feuilles de coca mais ce n'est pas non plus la solution miracle. Des fois on se rabat sur un bar pour boire une bonne bière bien fraîche et récupérer mais cela vous révèle une autre bonne surprise que vous réserve l'altitude. Quand on se verse une bière on se fait toujours avoir, même avec la plus extrême précaution la quantité de mousse qui se forme est ridicule. On se verse un fond et le verre déborderai presque, vous laissant attendre 5 minutes pour que la mousse retombe. On se fait avoir au début mais après on boit a la bouteille!

La répartition géographique des richesses dans la ville est vraiment évidente. Plus on descend dans la vallée plus on va vers les quartiers riches. Tout en haut on trouve donc des immeubles ou maisons toutes simples avec bien souvent les finitions ne sont pas faites faute d'argent. De loin, la ville ressemble a un infini empilement de parpaings. Puis on arrive dans le vieux centre avec églises et vieux immeubles coloniaux. Enfin, tout en bas, le quartier des affaires avec gratte-ciel, ambassades et jolies résidences. Encore plus bas on trouve la campagne mais la c'est que vous êtes sortis de la ville. Faites demi tour.




Cholita: femme en costume traditionnel


Il y a beaucoup de cireurs de chaussure a La Paz. Ils cachent leur visages sous des passes montagne pour ne pas qu'on les reconnaissent car ils ont la reputation d'etre des cocainomanes.

La ville est d'une incroyable effervescence. En gros il y a 2 types de rue a La Paz.

Les premières se sont les voies de circulation ou se bousculent en klaxonnant voitures, taxis et collectivos. Les colectivos se sont des vans qui font du transport de personnes en suivant souvent des routes fixes et dans lesquels s'entassent un nombre incroyable de passagers pour juste 1 boliviano. En plus du chauffeur il y a une autre personne qui s'occupe de faire payer les passagers et qui hurle par la fenêtre en une diarrhée verbale absolument incompréhensible la liste des arrêts a venir. Au bruit du klaxon et de ce blabla il faut ajouter les nuages de fumée noire que crachent ces véhicules mal entretenus. En fait, c'est comme un service de transport public sauf que c'est des centaines de véhicules privés qui s'en chargent sans aucune organisation collective. Bref, c'est un joyeux bordel mais qui marche! On attend jamais un bus ici! Ils sont partout.


Un collectivo


Les zebres de la circulation. Ils accompagnent les policiers pour faire la circulation en apportant une touche sympathique et apaiser les conducteurs a bout de nerf. Du moins je suppose que c'est l'idee de base. Allez savoir pourquoi ils ont choisi le zebre en Bolivie par contre!

Les deuxièmes types de rues se sont les commerçantes. On peut pas vraiment appeler ça des rues piétonnes car les stands des vendeurs ambulants prennent presque toute le place de la rue! C'est incroyable, ils sont partout, les uns sur les autres, a vendre tout et n'importe quoi. C'est parfois incroyablement étouffants. On trouve les quartiers spécialisés dans les ampoules, les vêtements, les fruits et légumes bien sur mais aussi les boutons de porte, les articles salle de bain,... Ce sont un peu comme les guildes que l'on peut voir en asie. A condition de trouver la rue avec les articles qui vous intéressent c'est une vrai aubaine pour le client tant la concurrence est féroce entre les commerçant. Cela maintient les prix bas plus que les grandes enseignes de la consommation se vantent de le faire!

Entree d'une rue commercante. A partir de la mieux vaux ne pas degainer l'appareil photo... pick-pockets oblige!

Et la on approche des fêtes de Noël alors c'est pire que d'habitude! Ces stands de rue sont partout! Tout le monde s'improvise vendeur. Il y a même des gens qui achètent des paquets de mouchoirs en papier pour ensuite les revendre au détail!

Des fois je me demande comment un pays arrive a vivre avec tout ces gens qui ne font finalement que de l'achat-revente. Finalement ça fait beaucoup de monde qui ne crée pas de richesse.

Des fois par contre c'est un peu ridicule, vous allez trouver une rue avec tous les salons de coiffure alignés les uns a cote des autres avec sur le porche les coiffeurs qui vous harcèlent en vous faisant comprendre que vous avec besoin d'une coupe ou de vous faire raser (pas toujours flatteur mais bon...) et après vous allez pouvoir arpenter tout un quartier en long, en large et en travers sans rien trouver pour vous faire une beauté.


Le quartier des coiffeurs


Ce qui est géant en Bolivie, et surtout a La Paz, ce sont les comedors. Ce sont des sortes de halles ou s'alignent les échoppes de nourriture. A peine entré une horde de bonne femme vous hèlent pour que vous veniez vous asseoir a leur table. Le truc c'est qu'elles servent toutes les mêmes choses. On pourrait donc croire que la concurrence est féroce mais ça a en fait l'air de bien se passer. Elles s'entraident, s'échangent les produits qu'elles n'ont pas et la monnaie que souvent elles n'ont pas non plus (c'est partout comme ça en Bolivie, allez casser un billet de 100B pour vous en rendre compte!). Parfois c'est même les clients qu'elles s'échangent! Étrange mais fonctionnel. La nourriture y est bonne, saine et vraiment pas chère. On peut y prendre un almuerzo (déjeuner incluant soupe, plat de résistance et parfois dessert) pour 2 euros!

Mes préférés sont les stands de jus de fruits. Des femmes sont assises derrière une pile de jus de fruits et attendent que vous choisissiez ceux que vous voulez pour mettre tout ça au mixer avec du lait et vous servir un délicieux jus de fruit frais. Et quand vous avec fini votre énorme verre elles vous en servent un deuxième pour finir de vider le mixer. Le tout pour 3 bolivianos soit même pas 0.5 euros!

Et pour tous les petits creux on trouve également plein de stands de rue pour acheter a prix dérisoire glaces, douceurs, saltenas, sandwichs,...
Les vendeurs de gelatine... une douceur tres prisee des boliviens.

Les hôtels sont également bon marché en Bolivie, bien qu'un peu plus chers a La Paz, grande ville oblige. J'ai réussi a trouver des chambres pour 15 bolivianos la nuit soit environ 2 euros! Bon, en général c'est plutôt 30 bolivianos mais ça reste raisonnable. Pour se prix la vous avez une chambre individuelle basique, pas toujours très chaude (pas de chauffage en tout cas!) mais avec une bonne pile de couvertures sur le lit, sans être étincelantes les chambres sont quand même propres et la salle de bain est a part. Des fois il y a l'eau chaude, des fois non. Mais des fois quand il y a l'eau chaude on s'en passerait. Ils utilisent un système de mini chauffe eau directement dans la douche a la place du pommeau de douche. L'idée est bonne mais des fois l'installation électrique est tellement foireuse avec des fils qui pendent de partout qu'il arrive qu'on se prenne des décharges en touchant le robinet. Si vous allez en Bolivie et que vous trouvez que le robinet de la douche est entoure de chatterton pour faire isolant...méfiez vous!

On trouve également a La Paz un marche des sorcières. On ne peut pas acheter de sorcière mais plutôt des articles de sorcellerie. Infusions magiques, filtres d'amour, statuettes porte bonheur et même foetus de lama séchés! Selon la tradition locale enterrer un foetus de lama sous sa maison avant de la construire apportera sécurité et prospérité au foyer. Je voulais acheter ça a ma soeur et son copain qui veulent se construire une maison mais je me suis dit que ça aurait du mal a passer dans un colis. Je me suis donc rabattu sur une petite statuette de Pachapuma qui protège lui aussi les maisons sans toutes les tracasseries sanitaires avec les douanes.

Une echoppe dans le marche des sorcieres. Lamas seches en haut a droite.

Une visite assez incroyable a faire c'est la visite de la prison de San Pedro. Oui, oui, vous avez bien lu! C'est un site unique, une zone de non droit absolue. Il s'agit d'une prison ou la corruption et le laxisme sont la norme. Il suffit de se pointer a la prison et de dire "Bonjour, c'est possible de faire une visite?" et on vous laisse rentrer. Après avoir passé un pseudo détecteur de métaux dont je doute de l'efficacité on paie 250 bolivianos aux chef des gardiens pour pouvoir rentrer. Il vous désigne un guide et un garde du corps auxquels vous paierez un pourboire et c'est parti pour la visite! Ça pourrait paraître un peu flippant mais pas du tout, une fois a l'intérieur on se sent même en sécurité.. Les prisonniers dépendent de la présence des "touristes" (drôle de mot pour un prison) et n'auraient jamais l'idée de leur faire du mal. Au contraire ils sont même très accueillants pour la plupart.

Dans l'un des quartiers de la prison.

Première surprise, femmes et enfants déambules dans les cours et couloirs. Les prisonniers payent en fait les gardes (10 bolivianos/jour) pour que leur famille puisse vivre avec eux dans la prison. Aucune cellule n'est fermée a clefs, tout le monde se déplace librement dans la prison sauf la nuit ou chacun retourne dans sa cellule. On trouve des petits restaurants et échoppes de nourriture comme dans la rue a l'extérieur. Les deux repas quotidiens fournis par l'administration pénitentiaire ne sont pas suffisants de l'aveu des prisonniers alors ces petits commerces se sont développés. La encore pour tenir un commerce il faut payer les gardes. Les autres prisonniers qui ne peuvent pas tenir un restaurant font cireurs de chaussure, pressing, construisent des jouets en bois ou en boites de fer pour les vendre,...d'autres dealent de la droguent. Apparemment il y aurait meme une fabrique de cocaine dans la prison mais ça je n'ai pas pu vérifier, ça reste une rumeur de touristes, par contre a la fin de la visite on vous demande si vous voulez acheter de la cocaïne comme si on vous proposait de ramener un petit souvenir! Ha-llu-ci-nant! Les prisonniers font tout pour avoir un peu d'argent et ainsi améliorer leur quotidien.

Car il faut noter que toutes les cellules ne sont pas du même standing. Certaines sont très basiques et d'autres sont de véritables appartements avec cuisine, TV câblée et salle de bain. Par contre tout a un prix, même les cellules! Aussi incroyable que cela puisse paraître les prisonniers paient un loyer, de 160 a 800 dollars par mois pour les meilleures cellules.

Angel, mon guide, montrant l'un des jouets fabrique par l'un de ses compagnons de cellule.

On trouve également dans la prison des chapelles, des saunas et même un terrain de foot, chaque quartier de la prison ayant une équipe représentant ses couleurs.

On parle de l'enfer des prisons mais celle ci est un peu a part. Bien sur les gens restent privés de leur liberté de mouvement et ils ont conscience d'être emprisonnés mais ils vivent comme dans un petit village, comme dans un quartier de La Paz parmi tant d'autres. J'ai vu plus de gens souriants dans la prison qu'en dehors! Hormis quelques têtes de psychopathes, ce sont plutôt les gardes qui tirent une tête d'enterrement! Je pensai que ce système était une bonne chose pour favoriser la réinsertion sociales des prisonniers une fois libérés mais il n'en est rien. Selon mon guide le taux de récidive et de retour sous les barreaux reste élevé.


Stands de nourriture dans la prison.

Si on se sent au début mal a l'aise ce fut finalement une visite passionnante et très enrichissante. Si vous allez en Bolivie ne manquez pas de la faire car les choses sont en train de changer et les étrangers pourraient bientôt ne plus être acceptés dans cette prison.

Enfin, tout prêt de La Paz on trouve la route dite la plus dangereuse au monde. Elle descend du col de la Cumbre (4700m) au village de Coroico (1100m), soit environ 3600m de descente en seulement 64Km! La route est très étroite, parfois seulement 3.2m, la plupart du temps en graviers et serpente au dessus de précipices atteignant les 600m... et elle est ouverte au trafic. On l'appelle route de la mort car beaucoup de véhicules ont fini en contrebas mais elle porterait surtout ce nom a cause de tous les ouvriers Paraguayiens qui sont morts lors de sa construction.

La route de la mort qui serpente dans la montagne.

Toujours est il que des tours opérateurs ont transformé cette route en terrain de jeu pour touristes en recherche de sensation forte. On peut descendre en VTT cette route lors d'une incroyable journée. Les paysages sont fantastiques et les sensations sont très bonnes. Honnêtement ça ne fait pas peur, le nom de la route est un peu inadequat. Certes si on tombe on est mort mais avec un minimum de prudence tout se passe pour le mieux et c'est une paisible mais amusante ballade en vélo. Surtout qu'on ne fait que descendre donc il ne faut pas pédaler! C'est comme ça que je conçois le vélo!

Au bord du gouffre.

Au départ on est donc a 4700m d'altitude, il fait froid et il pleut. Au fur et a mesure de la descente il fait plus chaud et on enlève ses vêtements pour finir dans la jungle, dans une douce chaleur en short et T-shirt. C'est assez amusant!

Cela fait maintenant un bon mois et demi que je suis en Amerique du Sud et mon espagnol c'est considérablement amélioré. Je ne suis plus condamné a commander seulement du poulet au restaurant parce que c'est le seul mot que je connais, je ne suis plus oblige a pointer du doigt frénétiquement les choses que je veux mais dont je ne connais pas le nom et je peux même engager une petite conversation avec un local s'il est assez patient pour tolérer mon accent et mes lacunes. Le mieux c'est de discuter avec les enfants dans les gares du bus ou les bus. L'avantage avec eux c'est que c'est facile de briser la glace, on peut avoir des conversations basiques sans culpabiliser et quand on sait plus quoi dire on peut jouer a des jeux débiles genre je-te-prend-en-photo-et-apres-je-te-montre-ta-tete-sur-l'ecran, ou pierre-feuille-ciseau ou combat de pousse (effet garanti).

En fait d'article sur La Paz j'ai finalement rédigé un long article sur la Bolivie et La Paz mais comme toujours il me faudrait un article fourre tout de toutes facon! La Bolivie est vraiment une destination que je recommande chaudement et encore, je n'en ai vu qu'un petit bout, je suis resté dans les montagnes seulement alors qu'une grande partie du pays se situe dans la jungle Amazoniene. Je n'aurais pas pu visiter cette partie faute de temps et de toute façon je me dirige maintenant vers l'est. Encore un petit passage au Lac Titicaca puis direction le Pérou.

mercredi 10 décembre 2008

Potosi: argent, trop cher...


Me voila a Potosi, une ville Boliviene incroyable.

Elle est magnifique et est inscrite au patrimoine mondial de l'humanité de l'Unesco. Contrairement a la plupart des grandes villes d'amerique du sud les rues ne sont pas tracées au cordeau et toutes perpendiculaires ou parallèles comme un vaste échiquier. Au contraire, ce sont de petites ruelles qui s'entremêlent, vous invitant a flâner et a profiter de la vue. Les bâtiments sont magnifiques, il y a plein de vieilles églises, de résidences coloniales et d'autres bâtissent a l'architecture raffinée qui révèlent la splendeur passée de la ville. Dominant tout cela, une montagne majestueuse, le Cerro Rico.

Mais comment peut on trouver tant de splendeur dans un pays réputé si pauvre?

Le vieux centre ville domine par le Cerro Rico.


La cité fut fondée en 1545 par les espagnols après la découverte d'importants dépôts en argent dans le Cerro Rico. Suite a cette découverte ce fut la fièvre, a la fin du XVIIIeme siècle on dit que les rues étaient pavées d'argent tellement la mine c'est revelee lucrative. Encore aujourd'hui en Espagnol on utilise une expression tirée du roman Don Quichotte "vale un Potosi", "Cela vaut un Potosi" pour quelque chose d'une grande valeur. Des quantités impressionantes d'argent furent tirées de ces mines et vinrent enrichir l'espagne. Certains pensent que c'est grâce a Potosi que le capitalisme a pu prendre son envol en Europe, alors que la population locale voyait elle peu de retombées positive.

C'est a cette époque que de grandes quantités d'esclave noirs et indigènes furent amenés pour assouvir les besoins en main-d'oeuvre toujours plus importants de la mine. Beaucoup n'en sont jamais sortis et pour les autres les conditions de travail étaient tellement dure que l'espérance de vie n'était pas très élevée.


C'est assez dur a réaliser mais a la grande époque de sa splendeur, Potosi était l'une des plus grandes villes au monde, surpassant Paris ou Londres. Elle reste aujourd'hui la ville de plus de 100 000 habitants la plus élevée au monde (4060m). Grâce a cet argent la Bolivie faisait partie des premières nations du monde en terme de richesse. Depuis, la mine produit beaucoup moins et surtout il y a eu une grande instabilité politique dans le pays. Durant le dernier centenaire, il y a eu un changement de gouvernement presque chaque année. C'est dire l'instabilité politique qui règne ici. Récemment les Boliviens ont élu Evo Morales pour président, le premier d'origine indigène. Il porte sur lui tous les espoirs d'un peuple qui veut avancer et surtout en étant fier de sa culture et de son identité.

La ville de Potosi, dominee par le Cerro Rico.


Aujourd'hui la mine est encore exploitée mais les rendements sont bien inférieurs a ce qu'ils pouvaient être dans le passe. Mais ils restent suffisants pour attirer une poignée d'irréductibles prêts a braver des conditions de travail très difficile pour gagner leur vie.

Le plus incroyable c'est que l'on peut aujourd'hui visiter ces mines et aller a la rencontre des mineurs et de leurs conditions de travail.

Un guide local, ancien mineur lui même, nous amène en début de journée au marche des mineurs. La on achète quelques présents pour les mineurs que l'on va rencontrer: feuilles de coca, boissons gazeuses, alcool potable a 96 degrés (oui, oui, vous avez bien lu!), cigarettes (pas des lights, plutôt les Gitanes maïs que fumait mon grand-père quand j'étais petit!) et même bâtons de dynamites. Pour un peu plus de 1 euro vous pouvez devenir l'heureux detenteur d'un bâton de dynamite et après aller en faire un peu ce que vous voulez! Aucun contrôle! La Bolivie c'est vraiment incroyable. C'est pas tous les jours que l'on peut acheter des explosifs dans la rue. Ça m'a un peu rappelle le marche russe a Pnomh Penh au Cambodge ou on peut acheter des armes a feu en demandant gentiment.

"Comme d'habitude mon p'tit monsieur, dynamite, coca et alcool?"


Bref, ce marché est surtout l'occasion de voir le matériel et les petits remontants utilisés par les mineurs.

Le reste de la visite on le passe au coeur de la mine. Habilles comme des mineurs et équipés de lampes frontales on déambule dans les veines de la mine. Il fait tantôt frais, tantôt une chaleur étouffante. Les couloirs sont larges ou exiguës. Le silence fait parfois place au vibrations assourdissantes du marteau piqueur. L'univers est assez impressionnant et oppressant. Claustrophobes s'abstenir!

Les chariots de minerais (environ 500Kg) sont poussés a la main, comme au bon vieux temps.


Les conditions de travail des mineurs sont elles déplorables. Poussières, outils désuets (pelles, pioches, treuils manuels,...) et les seuls équipements de sécurité se résument a casques et gants. C'est vraiment Germinal! Peu de personnes d'âge mur ici. La plupart sont des jeunes qui vont s'abîmer la santé avant de prendre une retraite anticipée s'ils y arrivent. On a essaye de tâter le terrain pour savoir combien il y avait de morts chaque année dans la mine mais le sujet est délicat et nous n'avons pas eu de réponse précise. En tout cas ça met mal a l'aise.

Descente aux enfers? En tout cas ne pas regarder le film The Descent avant la visite!

Au fond d'une veine on rencontre El Tio, le dieu de la mine qui est sensé protéger les mineurs. On trouve a son pied quantité de cigarettes, feuilles de coca et offrandes d'alcool sensées attirer ses faveurs et protéger les mineurs du danger.

Au fond de la mine, El Tio veille sur les mineurs, a condition de veiller a ses besoins a lui!


Selon la croyance locale, El Tio est le dieu de la mine et la Pachamama est la déesse nature, souvent symbolisée par une montagne dans la tradition Aymara locale. De leur amour naîtrait l'argent de la mine. Les femmes sont interdites dans la mine car Pachamama est réputée jalouse.

Charges qui seront insérées dans différents forages afin de faire exploser un mur de roche.

Selon notre guide il y aurait encore des milliers de personne travaillant dans la mine mais il n'y a pas de compte exact. Chacun travaillant plus ou moins dans son coin en petites équipes sur une veine qui leur semble juteuse.

Rappelez vous, en Australie j'avais visite la mine d'or de Kalgoorlie qui est l'une des plus grandes du monde. Pourtant, il y a quelques décennies encore, quantité de mineurs exploitaient chacun dans leur coin un trou avec des moyens rudimentaires. Puis un gars est venue avec une idée de génie: en regroupant toutes les concessions ils pourraient avoir une mine suffisamment grande pour rendre rentables des moyens d'exploitations industriels et rendre la région bien plus profitable que la somme de chacune de ces petites concessions. L'union fait la force en quelque sorte et ça a parfaitement marche.

J'ai essaye de tâter le terrain pour savoir pourquoi ils ne pouvaient pas faire la même chose ici mais ce n'est pas gagne. Les mentalités ne sont pas assez mures ou alors je ne me suis pas montre assez convaincant!

Par contre, la ou il n'y a pas besoin de batailler longtemps avec un mineur c'est pour mâcher la coca. Elle est une part très importante de la culture des Andes et est réputée réduire fatigue, faim, sensation de froid et mal des montagne (ou de l'altitude). Je m'y suis également mis car j'en avais un peu marre d'être essouffle comme un labrador obèse après 20Km de jogging en montant un escalier de 12 marches. Je ne sais pas si c'est l'effet placebo ou quoi mais en tout cas ça marche sur moi.

Mode d'emploi pour bien "chiquer": d'abord on enlève la ramification principale de la feuille de coca pour ne pas se blesser les joues. Ensuite on enfourne un petite poignée de ces feuilles entre la joue et la mâchoire supérieure. On laisse bien imprégner de salive sans mâcher. Quand le tout est bien humide et ramolli on peut rajouter un catalyseur (la llipta: cendres d'une plante) pour faciliter la libération des alcaloïdes contenus dans les feuilles. On sent sa joue s'engourdir légèrement, comme apres une anesthésie locale chez le dentiste, et une sensation globale de légère excitation et de meilleure résistance a la faim ou la fatigue.

Attention! Ce n'est pas un trip a la cocaïne! L'effet n'est pas plus violent qu'un expresso bien serre et il passe souvent pratiquement inaperçu.

Re-attention! La feuille de coca n'est pas a confondre avec la cocaïne tout cours. La première est sujet de fierté nationale et est légale en Bolivie. Beaucoup de personnes l'utilisent et il n'y a aucun méfait sur la santé. D'un point de vue culturel c'est comme le rouge en France, pas touche! De l'autre, la cocaïne est un stupéfiant, infiniment plus concentre et puissant que les feuilles de coca et dangereux pour la santé. Très peu de Boliviens la consomme, même si elle est ici beaucoup moins chère qu'en occident elle reste un produit onereux, quasi exclusivement destiné a l'exportation (clandestine bien sur, comme la fabrication!) a l'étranger.

Voila un bref topo sur 2 ressources qui ont fait le bonheur ou (surtout) le malheur de ce beau pays.

samedi 6 décembre 2008

Salar d'Uyuni et altiplano

Si on se rend dans la ville d'Uyuni en Bolivie ce n'est certainement pas pour son charme. On dirait une ville fantôme avec beaucoup de poussière, un vent a décorner les boeufs et des avenues sans fin et sans personne non plus. Mais alors pourquoi y a t'il tant de gringos dans ce trou perdu a 3675m d'altitude?


Aaah, c'est sur, c'est pas les Champs Elysees!


Parce que Uyuni est la base de lancement pour visiter en 4x4 les extraordinaires salars de l'altiplano Bolivien.

C'est tellement connu que cela draine des hordes de touristes dans cette petite ville isolée. Comme on est en basse saison, les agents de voyage se jettent sur les quelques touristes présents pour vendre leurs prestations. A peine descendu du bus qui arrivait fraîchement du Chili j'avais déjà 3 bonnes femmes sur mon dos a essayer de m'embarquer dans leur agence avant même d'avoir pu récupérer mon sac a dos. Frais comme une rose après plus de 12h de bus j'étais moyennement enclin a tout démarchage commercial avant une douche, un repas et une nuit de sommeil (dans cet ordre si possible).

Le lendemain c'était donc visite des agences pour trouver la meilleure prestation au meilleur prix. Peine perdue. En fait, toutes les agences fonctionnent plus ou moins de mèche. Vous pouvez donc payer cher une agence vous proposant un super service mais s'ils n'ont pas assez de personne pour remplir leur voiture ils vous mettront alors dans le 4x4 d'une autre agence qui justement avait besoin de quelqu'un pour compléter le véhicule.

Nous étions un groupe de 6 personnes dans le 4x4 avec lequel j'ai visite les salars et a peu près tout le monde était passe par une agence différente avec a chaque fois un prix différent, voire très différent. Haaa, les joies de l'industrie du tourisme!

Bon, je ne vais pas me plaindre car finalement j'étais l'un de ceux qui a paye le moins cher et maintenant me voila sur la route pour 3 jours a explorer l'une des merveille de dame nature.

Tout d'abord le salar d'Uyuni. Un salar c'est un immense dépôt de sel. Celui d'Uyuni est le plus grand au monde avec plus de 12 000Km2. On dirait une immense couverture blanche posée sur un océan parfaitement calme. Il faisait parti d'un lac préhistorique, le lac Michin, qui en s'évaporant a laisse quelques lagunes et surtout d'immenses dépôts de sel, dont celui-ci.

Le spectacle est vraiment saisissant. On dirait un paysage lunaire (même si finalement pas grand monde a pu aller sur cet astre pour constater a quoi ça ressemble on emploi tous ce terme alors je fais pareil) et c'est absolument trippant!

Pour faire le plein de sensations on peut s'amuser a marcher tout droit vers rien du tout. C'est bête mais on se retourne vite vers la voiture car honnêtement c'est assez flippant de se retrouver dans cette immensité et on a pas trop envie que les copains vous fassent la blague de la voiture qui démarre sans vous et derrière laquelle il faut courir pendant que tout le monde se marre a travers la fenêtre. Ceux qui ont été victime de cette blague comprendrons.

Ici ce serait particulièrement sadique car il fait quand même très chaud (45 degrés en plein soleil) et il n'y a absolument rien aux alentours. On peut éventuellement attendre la nuit et ses -20 degrés pour se rafraîchir...

Je voyage avec un groupe très sympa donc peu de risque qu'on me fasse ce genre de blague. Il y a David un anglais de mon âge, victime de la crise financière il s'est fait virer de son boulot a Londres (décidément!), Karen une anglaise, Cyril et Anais un couple de fiançais et Chris.

De droite a gauche: Cyril, Anais, David, moi, Karen...et Chris qui comme vous le voyez etait ravis d'integrer notre groupe.


Chris est un allemand de 71 ans qui voyage seul en Amérique du sud. Alors quand j'entends plein de gens qui sont largement en dessous de cet âge et qui me disent qu'ils sont trop vieux pour voyager je pourrais leur sortir "je connais un gars...". Franchement, un grand respect a Chris même si finalement c'était un vieux personnage détestable. Il jetait ses déchets par la fenêtre de la voiture, il nourrissait les animaux dans le parc national les rendant ainsi dépendants de l'homme, il n'a jamais retenus nos prénoms parce que pour lui c'était impossible a prononcer donc ça ne devait pas exister, il interrompait toujours nos conversations,... Bon voila, j'arrête la tant il est vrai que si on a rien a dire de bien sur quelqu'un autant ne pas en parler.

En fonction des saisons, le salar peut être vraiment différent. En ce moment le salar est absolument sec ce qui permet déjà de prendre quelques beaux cliches. Mais dans quelques semaines ce sera la saison humide et quelques centimètres d'eau vont recouvrir cette immensité, la transformant en un miroir reflétant parfaitement le ciel. Je n'ai pas eu la chance de voir ça mais ça devient un spectacle hallucinant. Je vous renvoi sur un blog que j'aime bien pour vous faire voir a quoi ça peut ressembler et en même temps vous faire découvrir un excellent blog sur le voyage (blog en anglais mais les vidéos en page d'acceuil, a ne pas manquer, se passent de paroles):
http://wherethehellismatt.typepad.com/blog/bolivia/

Dans le salar il y a quelques îlots rocheux formant de véritables îles sur un océan de sel. On s'est arrêtes sur la isla de los pescadores pour voir des cactus géants. Le plus incroyable c'est qu'en montant au sommet et en contemplant l'horizon on peut voir la courbure de la planète! Les cactus étaient assez impresionants aussi!

Cactus geants sur la Islas de los Pescadores


Localement, le sel est bien sur exploite pour être vendu comme condiment. Les locaux découpent également des briques de sel pour s'en servir comme matériel de construction. On a dormi dans un hôtel fait de ces briques et honnêtement c'est assez rigolo de lécher les murs pour constater que tout est fait de sel.

Les 2 jours suivants nous ont amenés bien plus au sud ouest, jusqu'à la frontière avec le Chili, a quelques kilomètres de San Pedro d'Atacama ou j'étais il y a encore quelques jours.

Laguna colorada et ses flamands roses.


Le paysage change radicalement. On trouve des volcans, des coulées de lave pétrifiée laissant des formes hallucinantes. C'est aussi un monde plein de vie autour de lagunes avec des quantités incroyables de flamands roses et autres oiseaux, des lamas et des mammifères que nous ne verrons jamais (trop sauvage). Il y a également plein de touristes mais ca ce n'est pas un animal indigène. Les 4x4 se suivent a la queue-le-le pour s'arrêter toujours au même site. Franchement, les guides-chaffeurs ne font pas toujours preuve d'innovation pour satisfaire leurs clients. Le notre était juste chauffeur et les commentaires se résumaient a "Voila, ca c'est la lagune machin, vous avez 5 minutes pour prendre des photos".

Deux chaffeurs-guides, dont le miens a gauche, en plein boulot lors d'un arret...a 9h du matin!


Dans le coin il y a également un vaste désert d'où émerge parfois des roches volcaniques a qui l'érosion a donne d'étrange formes. On trouve un célèbre arbre de pierre et une section du désert est justement nommée désert de Dali en référence au peintre dont certains tableaux ressemblent a s'y meprendre a ce genre de paysage.

Le fameux arbre de pierre

Champs de geysers


Le dernier jour nous avons visite un autre champ de geysers a 4900m d'altitude. Je ne me lasse pas de ce spectacle! Il faisait très froids et un bain dans une piscine thermale a été plus que bien acceuillis par le groupe.


Par contre devoir se lever a 4h du matin pour assister au spectacle ça devient dur. Surtout quand la veille on a veille en jouant aux cartes et qu'on dort a 4300m d'altitude. On ne dort pas très bien en altitude. Plus généralement tout est plus dur en altitude. On se fatigue très vite, on est souvent essouffle, on a des migraines,... L'air est plus rare et tout est donc plus laborieux. C'est comme être un junkie d'oxygène en cure de désintoxication. Apparemment il y a des bar branches a La Paz qui exploitent le filon ou on peut s'offrir un fix: quelques minutes de masque a oxygène!


C'est donc dur mais pas seulement pour les hommes, pour les machines aussi: les voitures et mon lecteur mp3. Bizarrement il ne marche plus. On m'a explique que c'est le disque dur qui n'est pas fait pour l'altitude. Quand il fonctionne, un disque dur tourne très vite créant une sorte de coussin d'air sur lequel flotte une tête de lecture. En altitude l'air n'est pas assez dense pour créer ce coussin d'air et la tête de lecture viens racler le disque. Le problème c'est que j'ai peut être bousille définitivement mon lecteur et que je ne pourrais le savoir qu'une fois descendu en dessous des 3000m environ pour faire un nouveau test. Avertissement donc a tous ceux qui ont un lecteur mp3 ou un camescope avec un disque dur, ils ne sont pas fait pour fonctionner en altitude! Lisez bien les spécifications de l'appareil!

En parlant de problemes techniques, j'adore le nouvel effet que donne l'impact sur l¡objectif de mon appareil photo.

Le trajet de retour fut long comme un jour sans saltena (une spécialité Boliviene). La route en terre est absolument défoncée alors même en 4x4 pas moyen de fermer l'oeil. J'ai essaye de prendre un peu de sommeil mais autant essayer de piquer un roupillon dans une capsule spatiale rentrant dans l'atmosphère (je sais, c'est comme l'histoire des paysages lunaires).

Mais qui a besoin de sommeil quand on passe sa journée a rêver éveillé devant la beauté de la nature?

J'ai juste écris ça parce que la formule est jolie mais on a besoin de sommeil.

Surtout que de retour a 18h a Uyuni je m'embarque a 19h pour une nuit de bus direction Sucre et que ce fut l'un de mes pires trajets en car. Le premier bus était absolument bonde, avec des gens debout dans l'allée centrale, des bagages de partout, une bouillie musicale crachée par les hauts-parleurs d'un autre temps et une température étouffante. A 2h du matin, changement complètement improbable de bus en pleine rue dans une ville inconnue. Ou est la station de bus? Y a pas, on m'a explique que les compagnies de bus font souvent comme ça ici pour éviter d'aller dans les gares de bus et de payer des taxes. Il aura fallut que je harcele le chauffeur dans mon espagnol approximatif pour qu'il me guide vers ma correspondance. Je me suis engouffre dans un bus sans vérifier vraiment ou il allait et sans qu'on me demande mon ticket. On aurait pu mal se comprendre avec le chauffeur et ça aurait pu être un bus pour le fin fond de l'Amazone, peu m'importe, c'est un bus a peu près décent, plus spacieux et je n'ai qu'une envie c'est dormir. Mais pourquoi encore de la musique pendant tout le trajet!!!!???? Franchement, qui écoute ça a cette heure!!!!??

Peut importe maintenant, il est deja 5h du matin, on est arrives a Sucre et il faut descendre. Je dormirais la nuit prochaine!

Tornade dans le desert



Tempete dans le desert.


David: "Putain de subprimes!"

Un lama!

dimanche 30 novembre 2008

Bolivie, me voila!

Avec le temps je commence a bien maîtriser et apprécier les passages de frontières terrestres. J'ai quelques jours de marge avant que mon visa expire et j'ai déjà échangé de la monnaie pour faire face a d'eventuels frais. Je m'apprête a quitter le Chili par une frontière peu fréquentée par les touristes. Ce qui m'attire encore cette fois ce ne sont pas les complications douanières mais sortir des sentiers battus pour voir d'incroyables paysages.

Ma destination: Bolivie! Il y a un train qui fait la liaison entre Calama au Chili et Uyuni en Bolivie en serpentant a travers l'altiplano entre les salars et les volcans. Fan de train, j'étais tout excite a l'idée de ce périple qui allait prendre au moins 20h si tout allait bien (non, ce n'est pas le TGV ici, loin de la!). A ma grande déception, arrive a Calama, j'apprends que la ligne est fermée pour cause de travaux.

Pour les autres backpackers qui liraient ces lignes interesses par ce meme trajet la ligne est encore fermee pour un bout de temps apparement, les travaux a effectuer sont assez important.

Je me rabat donc sur un bus qui fait quasiment le même trajet en remplacement du train mais au lieu du doux roulis du train ce sera une chaotique route en terre dans un bus moisi.

A l'approche du volcan Ollague de la fenetre du bus.

Le paysage fut a la hauteur de mes espérances et j'aurai egalement eu une charmante voisine pour pratiquer mon espagnol.

Arrivee sur le territoire Bolivien. Vous remarquerez au passage un charmant point noir au centre de l'image. Je ne sais pas comment mais il y a un impact sur la lentille de mon appareil photo. Decidement je ne suis pas vernis avec ces appareils!


Le passage de frontière entre les deux pays était assez hallucinant. Le dernier village au Chili est Ollague, au pied du volcan du même nom. Un minuscule pueblo aux allures de ville fantôme. Une fois les formalités douanières effectuées (un simple tampon pour la sortie du territoire Chilien), le bus nous dépose a quelques minutes en dehors du village en plein désert. La on attend une petite heure et finalement un autre bus arrive du cote Bolivien. Soulagement!

Improbable changement de bus entre 2 pays en plein desert. A noter que dans mon dos il y avait un terrain de foot pour les rencontres "internationales" entre les deux villages voisins et pourtant situes dans 2 pays differents.

Il faut alors transvaser tous les bagages d'un bus a l'autre. Ce qui est intéressant en passant par un endroit recule comme ça c'est de constater la contrebande qui est faite: TV, chaines HIFI et autres vont venir equiper quelques chanceux foyers Boliviens. Pour la monnaie c'est pareil, des personnes s'improvisent bureau de change et ma foix sa arrange tous le monde!

Par contre, le bus qui vient nous chercher est largement moins bien que le premier. Adieu le confort des bus Chiliens, le trajet jusqu'à Uyuni s'annonce tape-cul!

Mais avant de prendre vraiment la route il faut s'arrêter a la douane Boliviene pour obtenir un visa. Pour moi citoyen Francais pas de problème, un simple tampon et 21 Bolivianos (environ 3 euros). Par contre pour les citoyens americains il n'en est pas de même: ils doivent payer 100 dollars, fournir la preuve d'une réservation d'hôtel, montrer une attestation pour divers vaccins et tout un tas d'autres tracasseries... les americains seraient ils moyennement appréciés en Bolivie?

A la douane Boliviene, poster annoncant aux americains a quelle sauce ils vont etre cuisines.

Dernier point, selon mon guide il n'y a pas de frais de douane. Il recommande même que si le douanier réclame quelque chose il ne faut pas se laisser faire et refuser de payer. C'est beau de vouloir faire respecter la loi mais parfois c'est dur. Dans ces postes frontières recules ces "pourboires" sont monnaie courante. Même les locaux la paient, ce n'est pas seulement pour les "gringos" (étrangers). Donc j'ai le choix: faire ma forte tête et rester coince entre deux frontières sans nourriture ni eau et avec des nuits qui s'annoncent a -20 degrés. Ou alors je paie mes 3 euros comme tout le monde... Donc les guides touristiques ils sont gentils mais pas très pragmatiques.

Rien de bien grave en tout cas et je suis tellement excite a l'idée d'être en Bolivie! Beaucoup de monde m'en a parle auparavant et le séjour s'annonce intéressant!